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Ai Weiwei expose à Alcatraz


Cette semaine, on vous emmène à la découverte de la nouvelle exposition d’Ai Weiwei, l’artiste le plus controversé de Chine.


ai weiweiAi Weiwei, l’artiste chinois mondialement connu, est la bête noire des autorités de son pays. Son art est un véritable terrain de jeu pour son militantisme, un moyen de s’exprimer contre un régime qu’il rejette. Sa nouvelle exposition, @Large, s’est installée pour quelques mois à Alcatraz, l’ex-prison fédérale de haute sécurité, située au large de la baie de San Francisco.

 

Depuis septembre et jusqu’au 26 avril 2015, les 5000 visiteurs quotidiens de l’ancienne île prison de Californie peuvent y découvrir les sept œuvres de l’artiste activiste chinois, toutes incarnant des réflexions autour de la liberté d’expression et des droits des hommes.

Pour cette exposition, Ai WeiWei a tapissé le sol de la prison de figurines LEGO représentant les portraits de 175 anciens et actuels détenus, pour la plupart prisonniers d’opinion. Parmi eux, on retrouve Nelson Mandela, Edward Snowden, Chelsea Manning ou encore Liu Xiaobo.

 

Alcatraz ai wei wei

© Mina Kim

 

Un dragon multicolore géant illumine les couloirs. Chaque cerf-volant de son corps contient des citations de différents prisonniers de la liberté. L’une d’entre elles est d’Ai WeiWei lui-même : « Everyone of us is a potential convict ».

 

ai wei wei dragon

 © Mina Kim

 

Dans les anciennes cellules d'isolement, on peut entendre des chants d’Indiens Hopis, le discours de Martin Luther King pendant la guerre du Vietnam, ou encore des chansons des Pussy Riot.

Les sanitaires de l’hôpital, habituellement fermés au public, sont quant à eux remplis de fines fleurs de porcelaines, qui rappellent à la fois les fleurs envoyées aux détenus malades, mais aussi la campagne des cent fleurs en Chine.

 

Sanitaires ai weiwei

 © Jan Stürmann

 

Cette exposition prend une résonnance d’autant plus forte lorsque l’on apprend que l’artiste Ai Weiwei a été détenu par les autorités chinoises pendant 81 jours en 2011, pour soupçon de fraude fiscale. Il est aujourd’hui privé de sa liberté d’expression et est interdit de quitter le territoire chinois. Ai Weiwei n’a d’ailleurs jamais pu se rendre à Alcatraz, car depuis sa détention, son passeport lui a été confisqué.

L’artiste activiste a cependant passé des mois à étudier chaque recoin, chaque histoire et toutes les potentialités de l’île prison, afin de mettre en place ses œuvres uniques. Il les a, chacune, créé de toute pièce dans son esprit, de l’autre côté du Pacifique, depuis son studio de Pékin.

 

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 © Noah Berger
Les couleurs et les formes délicates de cette exposition unique renforcent d’une certaine manière les mauvaises conditions des anciens prisonniers d’Alcatraz.

 

Michelle Gee, porte-parole des parcs nationaux américains, estime que « cette exposition permet aux gens de réfléchir profondément sur ce que cela veut dire d’être libre ».

Cette exposition est véritablement une ode aux droits de l'homme, à la liberté d’expression. C’est aussi un pied de nez aux autorités chinoises, et une bouffée de liberté dans une prison aux murs délabrés.


 

Auteur : Stéphanie Le Frapper


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